L’Algérie active un numéro vert pour signaler la consommation de drogues dans les écoles
Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé l’adoption officielle du numéro vert 1111 pour signaler les cas de consommation de drogues et de substances psychoactives au sein des établissements scolaires.
Le ministère a précisé que ce numéro est destiné à l’ensemble de la communauté éducative — élèves, enseignants, personnels administratifs et ouvriers, ainsi que les parents — afin de signaler les situations nécessitant un suivi ou une intervention immédiate.
Selon le communiqué du ministère, cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la culture du signalement et à consolider les bases de la prévention contre les drogues à l’école, tout en protégeant les élèves des risques potentiels.
Cette annonce a été faite lors d’une réunion du ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Sghaïr Saïdawi, accompagné de la Commissaire nationale à la protection de l’enfance Maryem Cherfi, pour étudier l’adoption du numéro vert dans le milieu scolaire.
L’importance de la coordination a été soulignée, notamment parce que les moins de 18 ans se trouvent majoritairement dans les établissements scolaires, ce qui rend la prévention précoce essentielle pour les protéger.
Confidentialité des signalements et protection des élèves
Le ministère a assuré que tous les signalements seront traités dans la plus stricte confidentialité et transmis aux autorités compétentes pour une prise en charge immédiate, garantissant la protection légale et sociale des élèves.
Il a insisté sur le fait que cette mesure constitue une étape qualitative dans la protection des élèves, avec un suivi régulier et une évaluation systématique des résultats aux niveaux local et national.
Les deux parties ont convenu que des équipes techniques mixtes seraient chargées de définir les mécanismes de travail sur le terrain et de suivre les cas liés au milieu scolaire.
Un équipe technique spécialisée du ministère a été mandatée pour visiter le siège de l’Autorité nationale pour la protection de l’enfance afin de s’informer sur les mécanismes de réception et de traitement des signalements.
Mécanismes de travail et coordination
L’équipe est également chargée d’évaluer la possibilité d’adapter ces mécanismes aux spécificités du secteur, y compris la taille des établissements scolaires, le traitement des signalements, et la garantie de la confidentialité ainsi que la protection des informateurs.
Le travail comprendra aussi l’élaboration d’un protocole commun pour la prise en charge des cas et l’intervention lorsque nécessaire afin d’assurer la protection des élèves et un environnement scolaire sûr.
Selon le communiqué, cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre des directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, relatives à la stratégie nationale de lutte contre les drogues et substances psychoactives dans le milieu éducatif.
Le secteur avait déjà commencé à concrétiser ces mesures, dévoilées lors du lancement de la caravane nationale de sensibilisation le 2 novembre 2025, en particulier concernant le numéro vert comme outil central de prévention.
Création d’une commission de dépistage des drogues
Le ministre de l’Éducation nationale et le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Masoudan, ont mis en place hier une commission sectorielle chargée de dépister la consommation de drogues dans les établissements éducatifs.
La commission a pour objectif d’élaborer une feuille de route complète pour l’application du décret exécutif relatif au dépistage des drogues et substances psychoactives dans les établissements scolaires et de formation.
Le ministre Saïdawi a précisé que les mesures s’inscriront dans le cadre du dépistage médical périodique, selon une approche préventive accompagnant l’élève et le soutenant.
Cela permettra de prendre en charge les cas éventuels de manière thérapeutique et préventive, tout en préservant le parcours scolaire de l’élève et en assurant un soutien psychologique et social.