Hydrogène vert : une initiative algérienne pour dynamiser le corridor énergétique Afrique-Europe
Le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a proposé l’organisation d’une réunion en Algérie regroupant les pays concernés par le projet du corridor de l’hydrogène du Sud (SouthH2 Corridor), destiné à transporter l’hydrogène vert de l’Algérie vers les marchés européens.
Cette proposition s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération internationale et de l’accélération de la mise en œuvre de ce projet, considéré comme un maillon essentiel du rapprochement énergétique entre l’Afrique du Nord et l’Europe dans le domaine des énergies propres.
La proposition a été formulée lors d’une rencontre entre Mourad Adjal et le ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin. Les discussions ont porté sur l’importance d’impliquer l’ensemble des pays partenaires du projet, à savoir l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche côté européen, ainsi que la Tunisie en Afrique du Nord.
Selon un communiqué du ministère, le ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer la réalisation des infrastructures du corridor de l’hydrogène du Sud et de prendre des décisions concrètes permettant de transformer ce projet en réalité dans les prochains mois.
La rencontre a également abordé le projet d’interconnexion électrique entre l’Algérie et l’Italie via un câble sous-marin, destiné à approvisionner les marchés italien et européen en électricité, en mettant l’accent sur la faisabilité technique et économique du projet, dans une logique « gagnant-gagnant » garantissant des bénéfices pour l’ensemble des parties.
De son côté, le ministre italien a salué le rôle majeur de l’Algérie en tant que fournisseur énergétique fiable dans la région méditerranéenne, soulignant que la coopération énergétique entre les deux pays constitue un modèle de partenariat pouvant être élargi à des projets énergétiques de plus grande envergure impliquant plusieurs pays européens et nord-africains.
Avancées du projet et soutien européen
Le projet du corridor de l’hydrogène du Sud figure parmi les initiatives énergétiques majeures inscrites par la Commission européenne dans la liste des projets transfrontaliers d’intérêt commun, en raison de la participation de plusieurs pays européens aux côtés de l’Algérie et de la Tunisie, qui disposent d’un fort potentiel dans la production d’hydrogène vert.
Le projet a été inscrit pour la première fois en 2023 et son classement a été renouvelé en décembre 2025.
Cette reconnaissance permet notamment de faciliter l’accès aux financements nécessaires au développement du projet, ainsi que d’accélérer les procédures juridiques et administratives liées aux autorisations.
Le projet s’inscrit également dans les plans de la société italienne Snam, opérateur du réseau gazier, qui travaille parallèlement sur un projet maritime de stockage du dioxyde de carbone près du site de Ravenne, contribuant ainsi à renforcer la complémentarité entre les projets liés à l’hydrogène et aux énergies propres en Europe.
Détails du projet du corridor de l’hydrogène du Sud
Le projet réunit l’Algérie et la Tunisie en Afrique du Nord, ainsi que l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne en Europe.
Le corridor devrait s’étendre sur près de 3 300 kilomètres, reliant les sites de production d’hydrogène vert en Algérie et en Tunisie aux marchés européens.
Il prévoit le développement d’unités de production d’hydrogène ainsi que la mise en place des infrastructures nécessaires au transport et à la distribution, permettant à l’Algérie et à la Tunisie d’attirer des investissements et de renforcer leurs capacités de production locales.
Le projet vise également à promouvoir la durabilité environnementale et à contribuer aux objectifs européens en matière d’énergie propre, tout en soutenant la stabilité économique et sociale en Afrique du Nord grâce à la création d’opportunités d’investissement et d’emplois locaux.
Il est attendu que les prochains mois voient l’annonce d’une rencontre internationale réunissant les pays partenaires afin de revoir les plans d’exécution et d’établir un calendrier précis pour accélérer la réalisation du projet.