Hussein Fahmi questionne la Palme d’Or de Lakhdar Hamina puis clarifie ses propos
L’acteur égyptien et président du Festival international du cinéma du Caire, Hussein Fahmi, a estimé que la Palme d’Or du Festival de Cannes, remportée par le réalisateur algérien Lakhdar Hamina, avait été attribuée pour des raisons politiques.
« Le président français Jacques Chirac visitait l’Algérie en même temps que le festival, alors ils lui ont offert la Palme d’Or », a déclaré Fahmi.
Ces propos ont suscité un large débat, certains remettant en question le mérite de Hamina, premier Arabe à recevoir cette prestigieuse distinction.
Fahmi apporte des précisions
Dans un communiqué, l’artiste égyptien a exprimé son estime pour le public et les professionnels du cinéma en Algérie : « J’ai un profond respect et un amour sincère pour l’Algérie, son peuple, son histoire et son art. Les réalisations et succès mondiaux du cinéma algérien représentent une fierté pour tout citoyen arabe et leur place est toujours préservée dans nos cœurs. »
Il a expliqué que ses propos lors de l’interview sur la Palme d’Or et les festivals internationaux avaient été formulés dans un cadre théorique, discutant des coulisses des jurys et de l’influence possible des considérations politiques. Il a précisé que ces exemples étaient spontanés et que tout amalgame ne devait pas être interprété comme une diminution de la valeur d’un travail artistique arabe majeur.
Premier Arabe à recevoir la Palme d’Or
Lakhdar Hamina est l’une des figures les plus marquantes du cinéma arabe et africain, reconnu internationalement après avoir concouru quatre fois au prestigieux Festival de Cannes.
Il a remporté deux prix : le prix du meilleur premier film pour “Rih El Ouras” et la Palme d’Or pour “Chronique des années de braise”.
Né le 26 février 1934 à M’sila, Hamina a manifesté dès l’enfance une passion pour l’image et l’art. Il a commencé ses études localement, avant de poursuivre des formations en industrie à Djelas puis en agriculture à Guelma, avant de se rendre en France pour étudier le droit, où il s’est marié et a eu quatre enfants.
À cette époque, il a été contraint par les autorités françaises à rejoindre l’armée, mais a réussi à s’évader pour rejoindre la résistance algérienne en 1958 en Tunisie. Là, il a commencé à se former à la pratique cinématographique au sein du département d’actualités de la télévision tunisienne, ce qui l’a préparé à travailler pour la cellule médiatique du gouvernement provisoire algérien.
Hamina a été profondément marqué par la guerre de libération, son père ayant été enlevé et torturé par l’armée française jusqu’à sa mort.
En 1959, Hamina a été envoyé à l’école supérieure de cinéma de Prague en Tchécoslovaquie pour se spécialiser en photographie. Pendant ses études, il se rendait régulièrement en Tunisie pour tourner ses premiers documentaires sur la révolution algérienne, tels que “Yasmina”, “La Voix du peuple” et “Les Fusils de la liberté”.
Il est décédé le 23 mai 2025 à l’âge de 91 ans, laissant derrière lui une carrière riche et des contributions administratives majeures qui ont fondé le cinéma moderne en Algérie et établi les bases du septième art dans son pays. Son nom demeure un symbole du cinéma engagé et intellectuel en Algérie et en Afrique.