Haftar intensifie son offensive politique et tribaliste alors que l’Algérie relance la diplomatie régionale sur la Libye
Le maréchal Khalifa Haftar, commandant de ce qu’il appelle les forces armées, mène ces derniers jours un mouvement exceptionnel à travers plusieurs régions libyennes, cherchant à étendre son influence au-delà de l’Est, où il exerce déjà son contrôle.
Haftar a rencontré un ensemble d’élites, d’activistes, de journalistes, d’universitaires, de défenseurs des droits humains ainsi que des notables jouissant d’un poids social dans des zones régies par des structures tribales.
Il a multiplié les rencontres, dans une démarche inédite par son intensité en dehors des régions placées sous son influence dans l’Est.
Le maréchal à la retraite a poursuivi une série de réunions entamées en octobre dernier dans les régions de l’Est, du Sud et du Centre.
Un message direct et un focus sur les structures tribales
Dans sa tournée, Haftar s’est concentré sur les personnalités jouissant d’une légitimité au sein des communautés tribales libyennes.
Lors de toutes ses rencontres, il a appelé à « corriger le cap en Libye », avertissant contre ce qu’il qualifie d’attachement au pouvoir et de refus du principe de l’alternance démocratique.
Il a également insisté sur la nécessité pour le peuple libyen de reprendre rapidement son droit à l’autodétermination.
Haftar a affirmé que la véritable solution à la crise libyenne doit émerger de la volonté libyenne elle-même, et non de l’extérieur ni de la mission onusienne.
Selon des observateurs, Haftar prépare le terrain pour étendre son influence vers l’Ouest libyen.
La réunion d’Alger
Les mouvements du maréchal Khalifa Haftar coïncident avec la tenue à Alger de la réunion tripartite du mécanisme des pays voisins concernant la crise libyenne, rassemblant les ministres des Affaires étrangères de l’Algérie, de la Tunisie et de l’Égypte.
Les trois ministres maghrébins ont souligné que les pays voisins, en raison de leur proximité géographique et de leurs liens historiques, sont les mieux placés pour comprendre la réalité de la crise libyenne et ses répercussions directes, et qu’ils sont les plus soucieux de parvenir à un règlement durable garantissant l’unité et la stabilité du pays.
Le communiqué final a insisté sur l’importance que le processus politique soit « dirigé et détenu par les Libyens », appelant toutes les parties libyennes à privilégier l’intérêt national, à unifier les institutions politiques et militaires, et à préparer les conditions pour organiser des élections présidentielle et législatives mettant fin à des années de division.
Les trois pays ont également réaffirmé leur position commune — celle de l’Algérie, de la Tunisie et de l’Égypte — rejetant toute ingérence étrangère dans les affaires libyennes, et appelant au retrait immédiat des mercenaires et combattants étrangers du territoire libyen, condition essentielle au rétablissement complet de la souveraineté nationale.