Fin progressive de la présence française sur le continent africain
Les opérations d’expulsion des troupes françaises du continent africain se poursuivent jour après jour, dans une scène qui résume la fin d’une longue ère de domination, d’attisement des conflits et de pillage des richesses.
Dans un geste historique, la France a remis ses deux dernières bases militaires au Sénégal : le camp de "Geille" et l’aéroport militaire de l’aéroport international de Dakar, mettant ainsi fin à une présence militaire de 65 ans dans ce pays.
Depuis son indépendance en 1960, le Sénégal est resté l’un des alliés africains les plus fidèles de Paris, accueillant pendant des décennies des forces françaises chargées de mener des opérations conjointes avec l’armée sénégalaise. Le retrait progressif des troupes françaises a commencé en mars dernier.
Appel à des excuses pour les crimes coloniaux
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, élu l’an dernier sur la base de promesses de changement radical, avait annoncé le départ des forces françaises d’ici 2025.
Il a également appelé Paris à présenter des excuses officielles pour les crimes coloniaux commis, en particulier le massacre du 1er décembre 1944, où des dizaines de soldats africains ayant combattu aux côtés des Français pendant la Seconde Guerre mondiale furent tués.
De son côté, le général Mbaye Cissé, chef d’état-major de l’armée sénégalaise, a déclaré que la remise des deux bases constituait un tournant important dans l’histoire militaire riche et ancienne entre les deux pays.
Retraits en chaîne du continent
Cette étape s’inscrit dans une série de retraits successifs des anciennes colonies qui tournent le dos à l’ancienne puissance coloniale.
Alors que le scepticisme vis-à-vis de la présence militaire française sur le continent s’intensifie, et que les accusations de déstabilisation de plusieurs pays se multiplient, Paris a commencé à réduire progressivement sa présence en Afrique.
En février dernier, la France a remis sa dernière base en Côte d’Ivoire, mettant fin à des décennies de présence militaire dans ce pays.
Elle a également quitté la base de "Kossei" au Tchad, son dernier point d’ancrage dans la région du Sahel.
Au Gabon, la base militaire française a été transformée en camp partagé avec les autorités locales.
Parallèlement, la République centrafricaine a exigé le retrait complet des troupes françaises, rejoignant ainsi la liste des pays refusant toute présence militaire française sur leur sol.
Après ces retraits, Djibouti reste le seul site abritant des forces françaises sur le continent, où Paris prévoit de transformer sa base – qui compte environ 1 500 soldats – en quartier général de ses forces militaires en Afrique.
Dans ce bouleversement géopolitique, la Russie émerge comme une puissance alternative dans la région du Sahel, par le biais des forces du "Corps africain", anciennement connues sous le nom de groupe Wagner.
Cette influence croissante s’accompagne d’une recrudescence inquiétante des violences dans plusieurs pays du Sahel, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger.