Détroit d'Ormuz : la crainte d'une fermeture fait bondir les prix du pétrole

Détroit d’Ormuz : la crainte d’une fermeture fait bondir les prix du pétrole

Les prix mondiaux du pétrole ont enregistré une nouvelle hausse lors des échanges de ce vendredi, prolongeant leurs gains pour une cinquième séance consécutive. Cette progression est soutenue par l’escalade des tensions militaires au Moyen-Orient, notamment dans le détroit d’Ormuz, considéré comme une artère vitale pour l’approvisionnement énergétique mondial.

À 05h49 GMT, les contrats à terme du Brent pour livraison en juin 2026 ont augmenté de 0,30 % pour atteindre 105,38 dollars le baril, tandis que le brut West Texas Intermediate (WTI) a progressé de 0,04 % à 95,89 dollars le baril, poursuivant ainsi une forte tendance haussière observée ces derniers jours.

Escalade sur le terrain et pression sur les prix

Cette hausse intervient dans un contexte de craintes croissantes d’une nouvelle escalade militaire. L’Iran a diffusé des images montrant des forces spéciales prenant d’assaut un navire de marchandises dans le détroit, parallèlement à des informations faisant état d’affrontements entre la défense aérienne iranienne et des « cibles hostiles ».

Les tensions se sont également accentuées après la saisie de deux porte-conteneurs par les forces iraniennes dans la région, en réponse à l’interception par les États-Unis de trois pétroliers iraniens dans les eaux asiatiques, illustrant une escalade réciproque qui menace la stabilité de l’approvisionnement énergétique.

Forte progression hebdomadaire malgré la volatilité

Sur une base hebdomadaire, le Brent a bondi d’environ 17 %, tandis que le WTI a progressé de plus de 14 %, enregistrant leur deuxième plus forte hausse hebdomadaire depuis le début des tensions actuelles.

Lors de la séance précédente, les deux références avaient déjà gagné plus de 3 %, après l’échec des négociations de paix entre Washington et Téhéran.

Malgré cette tendance haussière, les prix ont connu une certaine volatilité vendredi, reculant partiellement après l’annonce du déplacement du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, à Islamabad pour participer à des discussions de paix, ravivant ainsi l’espoir d’un apaisement.

Par ailleurs, la fermeture du détroit d’Ormuz depuis le début de l’escalade a perturbé près de 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié, provoquant une crise complexe dans le transport maritime. Le retour à la normale pourrait prendre plusieurs semaines.

Ce passage stratégique voit transiter environ un cinquième du commerce mondial de pétrole, ce qui signifie que toute perturbation a un impact direct sur les prix et les marchés internationaux.

Dans le même temps, les marchés des métaux de base ont reculé, avec une baisse des prix de l’aluminium et du cuivre à la Bourse de Londres, dans un contexte où la poursuite du conflit pourrait redéfinir les équilibres du marché mondial, notamment au profit de grands producteurs comme la Chine.

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