Des chiffres alarmants sur la désertification : l'Algérie prend des mesures

Des chiffres alarmants sur la désertification : l’Algérie prend des mesures

L’Algérie célèbre la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, sous le slogan : « Restaurer la terre, libérer les opportunités »

Un défi multidimensionnel

La ministre de l’Environnement et de la Qualité de vie, Nadhjia Djellal, a indiqué que l’Algérie est l’un des pays africains les plus menacés par la désertification, avec plus de 200 millions d’hectares de zones désertiques. À cela s’ajoutent environ 14 millions d’hectares de zones montagneuses dans le nord touchées par l’érosion, 32 millions d’hectares de steppes directement affectées ou menacées de désertification, ainsi que 4,1 millions d’hectares de forêts exposées aux menaces humaines, aux incendies et aux effets néfastes du changement climatique.

La ministre a souligné que la désertification n’est pas seulement un problème environnemental, mais un défi global touchant la sécurité alimentaire et hydrique, menaçant la stabilité des sociétés, freinant le développement durable et affectant directement la qualité de vie et le bien-être des citoyens.

Elle a insisté sur le fait que l’Algérie est pleinement consciente de l’ampleur du défi que représente la désertification pour son développement économique et social, ainsi que pour ses efforts d’amélioration de la qualité de vie de ses citoyens.

Des mesures contre la désertification

L’Algérie a placé la lutte contre la désertification au cœur de ses priorités environnementales, en adoptant une stratégie globale axée sur la prévention et la protection par l’application de pratiques de gestion durable des terres, la sauvegarde des écosystèmes fragiles et le renforcement du contrôle de l’usage des sols afin d’éviter leur dégradation.

Mme Djellal a précisé que cette stratégie comprend également des actions de restauration et de réhabilitation à travers des programmes de réhabilitation écologique des terres dégradées, l’application de techniques modernes d’aménagement des sols, la mise en œuvre de projets de reboisement et de revégétalisation. Elle inclut aussi des mesures d’adaptation et de résilience par le développement de variétés végétales résistantes à la sécheresse, l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’eau, et le renforcement des capacités des communautés locales face aux changements climatiques.

Elle a ajouté : « L’Algérie poursuit la mise en œuvre de mesures stratégiques, institutionnelles et réglementaires pour lutter contre les effets de la désertification et de la sécheresse, ou du moins en atténuer les impacts afin de restaurer et réhabiliter de vastes étendues de terres perdues. »

Dans ce cadre, le Plan national de lutte contre la sécheresse a été élaboré et validé. Le dispositif juridique a été renforcé par une loi sur la lutte contre les risques majeurs, dans laquelle la sécheresse est classée comme un phénomène climatique extrême et la désertification comme un risque majeur.

Le gouvernement a également relancé le projet du Barrage vert comme priorité nationale, visant son aménagement sur une superficie de 4,7 millions d’hectares dans les prochaines années.

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la création de startups spécialisées dans le reboisement, l’irrigation et le suivi, selon des cadres techniques, académiques et scientifiques. Cela favorise l’innovation et la création d’emplois pour les jeunes, a ajouté la ministre.

Le secteur de l’Environnement a, pour sa part, participé à ces efforts à travers de nombreuses opérations, telles que la réhabilitation des écosystèmes des forêts incendiées à l’échelle nationale ces dernières années.

Il a également été procédé à la préparation d’un nouveau projet intitulé « Résilience de l’écosystème steppique algérien par la restauration de l’alfa et l’adaptation au changement climatique », au niveau de la wilaya d’El Bayadh, visant à renforcer la résilience de l’écosystème steppique et des communautés locales sur une superficie de 3 800 hectares.

La ministre a ajouté : « Une étude pour le développement d’un écosystème oasien modèle a également été enregistrée, dans le cadre de la préservation de la biodiversité saharienne. »

Deux oasis pilotes devraient être créées dans les wilayas d’In Salah et de Tamanrasset.

Enfin, des plans locaux d’adaptation au changement climatique ont été mis en œuvre dans les wilayas de Sidi Bel Abbès, Tamanrasset, El Bayadh et M’sila, en raison de leur forte vulnérabilité aux impacts climatiques. Une deuxième phase est prévue dans cinq wilayas pilotes : Blida, Chlef, Djelfa, Guelma et Tissemsilt.

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