Des Algériens bloqués.. La grève des contrôleurs aériens paralyse les aéroports français
Pour le deuxième jour consécutif, le secteur aérien en France connaît une paralysie partielle en raison d’une grève de grande ampleur lancée par les contrôleurs aériens, protestant contre leurs conditions de travail et la détérioration de l’environnement professionnel.
La grève, entamée jeudi et prévue jusqu’à vendredi soir, a entraîné l’annulation de centaines de vols, notamment dans les aéroports de la capitale Paris, provoquant une importante perturbation du trafic aérien national et international, en pleine période de départs pour les vacances d’été.
De lourdes répercussions en Europe
L’Autorité de l’aviation civile française a demandé aux compagnies aériennes d’annuler 40 % des vols à destination ou en provenance des aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et d’Orly, ainsi que des mesures similaires dans les aéroports de Nice et Beauvais.
Le premier jour de la grève avait déjà conduit à l’annulation d’environ 933 vols, soit près de 10 % du trafic aérien national, avec des taux d’annulation atteignant 50 % à Nice et 25 % dans les aéroports parisiens.
L’Autorité a précisé que les aéroports du sud de la France — comme Lyon, Marseille et Montpellier — ainsi que ceux de l’île de Corse, ont connu des taux d’annulation variant entre 30 % et 50 %, accentuant la galère des voyageurs, estimés à plusieurs centaines de milliers par jour en haute saison estivale.
La grève ne s’est pas limitée à l’espace aérien français : elle a affecté l’ensemble du ciel européen. De nombreux avions survolant la France ont dû modifier leur trajectoire, causant de gros retards sur les vols reliant des pays comme le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Irlande, la Belgique ou encore le Maroc.
Selon l’association « Airlines for Europe », environ 1 500 vols ont été annulés à travers l’Europe jeudi et vendredi, impactant près de 300 000 passagers.
Des compagnies comme Ryanair, EasyJet ou encore Air France ont confirmé que les perturbations allaient probablement se poursuivre, appelant les voyageurs à vérifier régulièrement l’état de leurs vols.
Raisons et revendications
Ce mouvement de grève est motivé par plusieurs problèmes : manque de personnel, vétusté des systèmes de surveillance, mauvaise gestion, et pression croissante au travail. Les contrôleurs aériens jugent ces conditions dangereuses et intenables.
De son côté, le gouvernement français considère ces revendications comme exagérées, surtout après une revalorisation salariale de 7 % accordée l’an dernier.
Le ministre des Transports, Patrice Vergriete, a déclaré à la télévision : « 272 personnes paralysent la vie de 500 000 passagers… c’est inacceptable », précisant que l’exécutif ne renoncera pas à sa réforme des horaires de travail des contrôleurs aériens.
Droits des passagers en matière d’indemnisation
Selon la réglementation européenne, les passagers dont les vols ont été annulés en raison d’une grève ont droit à un remboursement ou à un réacheminement.
Toutefois, une indemnisation financière n’est pas obligatoire en cas de « circonstances exceptionnelles », telles que les grèves, sauf si la compagnie aérienne n’a pas assuré une assistance suffisante.
Il est recommandé aux passagers concernés de conserver tous les justificatifs de dépenses supplémentaires (repas, hébergement…), car celles-ci peuvent être remboursées via leur assurance voyage, à condition que celle-ci couvre les grèves.
Certaines compagnies proposent également des options de reprogrammation ou des vols à des dates ultérieures, mais cela n’est pas garanti pour tous les passagers.