Cash interdit au-dessus de 5 millions : l’Algérie frappe fort contre le marché noir
Dans une démarche qualifiée de coup direct porté à l’économie parallèle, l’Algérie s’apprête à mettre en œuvre une mesure historique interdisant le paiement en espèces pour les transactions dépassant 5 millions de dinars, dans le cadre d’une stratégie globale visant à numériser l’économie et à renforcer la transparence financière.
La nouvelle mesure a été révélée dans le document de la stratégie nationale de transformation numérique, consulté par le site Awras. Cette stratégie constitue la pierre angulaire de la vision numérique de l’Algérie à l’horizon 2030, et vise à éliminer progressivement le paiement en espèces dans toutes les grandes transactions financières, afin de restreindre le marché noir, qui draine des dizaines de milliards de dinars en dehors du circuit officiel.
La stratégie de transformation numérique prévoit également :
la création de cinq centres de données nationaux,
l’exportation de services liés au cloud computing,
la réduction de la fuite des compétences dans le domaine numérique,
et la numérisation des services publics.
Elle vise aussi à garantir un accès équitable à Internet de qualité pour toute la population, tout en réduisant la fracture numérique.
En parallèle, la stratégie entend connecter 100 % des institutions et organismes publics, dans une perspective de modernisation et d’amélioration des services publics, grâce à une connectivité fiable et à haut débit pour toutes les entités concernées.
Elle ambitionne aussi d’augmenter les revenus issus des investissements dans la connectivité et la bande passante, en exploitant les capacités nationales pour exporter des services numériques vers les pays voisins.
Par ailleurs, elle prévoit de soutenir la création de 100 000 startups dans le secteur numérique, en facilitant les procédures de financement et d’enregistrement, en créant un écosystème propice à l’innovation, et en portant la part du numérique à 20 % du PIB.
Interdiction du paiement en espèces pour 4 types de transactions
Le projet de loi de finances 2025 contient une proposition visant à réduire les paiements en espèces de grande envergure et à encourager la transparence financière en imposant le recours aux canaux bancaires.
L’interdiction du paiement en liquide concernera :
les transactions immobilières (bâties et non bâties),
la vente de véhicules et d’équipements mobiles,
l’achat de yachts et de bateaux de plaisance,
ainsi que la souscription des contrats d’assurance obligatoires.
Cette mesure vise à réduire l’économie parallèle, dont le président Tebboune a déclaré qu’elle représente environ 10 000 milliards de dinars, soit près de 75 milliards de dollars.
Elle vient en complément des mesures déjà prises pour favoriser l’inclusion financière et réduire les transactions informelles, en veillant à ce que les paiements passent par les circuits bancaires.
Parmi ces mesures figure le décret exécutif n°15-153 de 2015, qui fixe un plafond minimal au-delà duquel les paiements doivent s’effectuer par des moyens bancaires écrits :
5 millions de dinars pour l’achat de biens immobiliers,
1 million de dinars pour l’achat de yachts et d’équipements mobiles.
Il convient de souligner que ces mesures visent à accélérer les efforts du gouvernement pour réduire les paiements en espèces, favoriser l’inclusion financière, développer les moyens de paiement électroniques et encourager les paiements écrits.