Budget 2026 : le ministre des Finances éclaire la stratégie entre déficit et endettement
Les députés de l’Assemblée populaire nationale ont examiné le projet de loi de finances pour l’année 2026, en posant plusieurs questions et en présentant leurs points de vue ainsi que leurs propositions.
En réponse à leurs interrogations, le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a apporté des précisions et défendu les dispositions du projet.
Un budget nécessaire
Le ministre a affirmé que les chiffres retenus pour l’élaboration du budget 2026 ne sont ni exagérés ni manipulés, mais bien réels, s’appuyant sur les données enregistrées les années précédentes.
« Quand nous disons que l’économie algérienne s’est diversifiée, c’est une réalité. Et quand nous affirmons qu’elle est sortie de la dépendance aux hydrocarbures, c’est également une réalité », a-t-il déclaré.
Boualzard a précisé que le budget 2026 a été préparé sur cette base, en soulignant que les politiques suivies ces dernières années ont permis d’obtenir un taux de croissance appréciable, de préserver les équilibres extérieurs et de maintenir l’inflation à des niveaux acceptables.
« Nous sommes sur la bonne voie, sans complaisance », a-t-il ajouté.
Le ministre a également indiqué que le budget présenté est pluriannuel, couvrant une période de trois ans, et que la hausse de sa valeur est normale, tout comme l’augmentation des salaires ou d’autres dépenses.
Dette et déficit
Concernant la possibilité d’endettement, au regard de l’activité économique et des revenus de l’État, Bouzred a assuré qu’il n’existe aucun problème pour l’Algérie en matière d’endettement intérieur ni de remboursement de la dette.
Il a précisé que la dette intérieure totale s’élève à 18 000 milliards de dinars, et non à 20 000 milliards, dont :
8 000 milliards de dinars provenant du financement du déficit budgétaire par le Trésor public,
6 000 milliards de dinars issus de la dette non conventionnelle de 2017, 4 000 milliards de dinars correspondant aux prêts accordés aux entreprises publiques, notamment pour des projets de dessalement de l’eau de mer et de production d’électricité, majoritairement par Sonelgaz.
À une certaine période, il avait été décidé que le Trésor rachète ces dettes aux banques.
Le ministre a expliqué que la moitié de la dette totale sert à financer le déficit budgétaire, ajoutant que le déficit prévu pour l’année prochaine, estimé à 5 000 milliards de dinars, sera couvert par l’endettement, sans incidence sur l’économie, les prix ou l’inflation.