Budget 2023 : où sont allés les milliers de milliards de dinars dépensés par l'Algérie ?

Budget 2023 : où sont allés les milliers de milliards de dinars dépensés par l’Algérie ?

La loi n° 26-11 du 12 mai 2026 portant règlement budgétaire de l’exercice 2023 a été publiée dans le 37e numéro du Journal officiel. Elle révèle une hausse significative des recettes publiques de l’État de 24 % par rapport à l’année précédente, atteignant plus de 9,01 billions de dinars algériens, contre des dépenses globales dépassant 10,59 billions de dinars, ce qui a conduit à un déficit final de 1,57 billion de dinars, couvert dans le cadre des mécanismes de disponibilité et de découvert du Trésor public.

La loi, signée par le président Abdelmadjid Tebboune, met en évidence, à travers la lecture comptable et économique des chiffres officiels, la capacité des finances publiques à maintenir un équilibre relatif malgré la poursuite d’un niveau élevé de dépenses, grâce notamment à l’amélioration de la fiscalité pétrolière et au renforcement du rendement du recouvrement fiscal.

La fiscalité pétrolière, principal moteur des recettes

Les données définitives montrent que les recettes recouvrées ont atteint exactement 9 017 439 042 852,42 DA, avec un taux global de réalisation dépassant 101 % par rapport aux prévisions révisées de la loi de finances.

La fiscalité pétrolière a constitué la première source de revenus publics avec 3 856 255 180 406 DA, enregistrant un taux de réalisation conforme aux prévisions officielles de 100 %, soit environ 42,76 % des recettes totales de l’État.

Les recettes fiscales ordinaires ont également connu une progression notable, notamment les impôts directs et taxes. Les impôts sur le revenu ont atteint 1 570 103 630 109,35 DA, avec un taux de recouvrement de 112,92 %, tandis que les impôts sur le capital ont grimpé à 62 077 818 203,13 DA, avec un taux record de 120,39 %.

La rubrique « produit des amendes » a enregistré des recettes largement supérieures aux prévisions, dépassant 20 milliards de dinars avec un taux de réalisation de 692,14 %, contre des estimations initiales limitées à 2,89 milliards de dinars.

Les revenus du domaine de l’État ont, pour leur part, atteint 86 890 160 008,46 DA, avec un taux de réalisation de 127,24 %, traduisant un élargissement de la mobilisation des ressources hors hydrocarbures.

La Défense et l’Éducation en tête des dépenses

Les comptes font apparaître la poursuite de la domination des secteurs souverains et sociaux dans la structure des dépenses publiques.

Le secteur de la Défense nationale arrive en tête des dépenses ministérielles avec des crédits consommés dépassant 1 664,42 milliards de dinars, répartis entre les besoins de défense, le soutien logistique et l’administration générale.

Le ministère de l’Éducation nationale s’est classé premier parmi les secteurs civils avec des dépenses effectives de 1 230,12 milliards de dinars, consacrées à l’enseignement fondamental et secondaire ainsi qu’à l’amélioration des conditions de scolarisation.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a enregistré près de 549,4 milliards de dinars de dépenses, tandis que celles du secteur de la Santé ont dépassé 782,38 milliards de dinars destinés à la prévention, aux soins et à la formation médicale.

De son côté, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire a consommé plus de 1 180 milliards de dinars pour couvrir les besoins de la sécurité nationale, de la protection civile et du financement des collectivités locales.

D’importants investissements dans les infrastructures

Les chiffres confirment la poursuite d’un effort soutenu en faveur des projets structurants et des grandes infrastructures. Les dépenses du secteur des Travaux publics et des Infrastructures de base ont atteint 470,37 milliards de dinars.

Les investissements se sont principalement concentrés sur les routes et autoroutes, qui ont bénéficié de 166,19 milliards de dinars, ainsi que sur les chemins de fer, avec 249,64 milliards de dinars.

L’État a également consacré 482,67 milliards de dinars au secteur de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, tandis que le secteur de l’Hydraulique et des Ressources en eau a bénéficié de plus de 204,22 milliards de dinars pour financer les projets d’alimentation en eau et de mobilisation des ressources hydriques.

Dans le secteur agricole, les dépenses du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche ont dépassé 782,11 milliards de dinars dans le cadre du soutien à la sécurité alimentaire, au développement rural et à la protection du patrimoine forestier.

Le secteur du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a, quant à lui, consommé plus de 810,38 milliards de dinars pour soutenir la protection sociale et promouvoir l’emploi.

### Dépenses des institutions constitutionnelles et des organes de contrôle

Les comptes définitifs détaillent également les budgets des institutions constitutionnelles et des hautes autorités. Leurs dépenses effectives ont atteint 21,36 milliards de dinars sur des crédits révisés de 25,87 milliards de dinars.

L’Assemblée populaire nationale a enregistré des dépenses de 8 milliards de dinars avec une consommation intégrale des crédits alloués, tandis que le Conseil de la Nation a dépensé près de 4,45 milliards de dinars.

Les dépenses de la Cour suprême ont dépassé 3 milliards de dinars, avec un excédent supérieur à 1,26 milliard de dinars. De son côté, la Cour des comptes a consommé plus d’un milliard de dinars dans le cadre de ses missions de contrôle des finances publiques.

Par ailleurs, les dépenses de l’Autorité nationale indépendante des élections ont atteint environ 1,5 milliard de dinars, contre 657,28 millions de dinars pour la Cour constitutionnelle.

Le document révèle également une dépense de 120,7 millions de dinars au profit de la Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption, ainsi que 168,62 millions de dinars pour le Conseil supérieur de la jeunesse.

Sur le plan comptable final, la loi prévoit l’ajustement des variations nettes liées à la disponibilité et au découvert du Trésor afin de couvrir les écarts budgétaires, ainsi que le report des soldes des comptes spéciaux du Trésor arrêtés au 31 décembre 2023 vers la gestion de l’exercice 2024.

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