Bilan des contrats énergétiques en Algérie en 2025
Le secteur de l’énergie en Algérie a connu en 2025 une dynamique sans précédent, couronnée par la conclusion de contrats stratégiques majeurs dans les domaines du pétrole, du gaz, de l’électricité, des énergies renouvelables et de l’hydrogène.
Selon une enquête menée par une plateforme spécialisée dans l’énergie, les plus grands contrats énergétiques conclus en Algérie en 2025 reflètent une évolution claire des orientations stratégiques de l’État, à travers la diversification des partenariats internationaux, l’augmentation du volume des investissements, l’optimisation de l’exploitation des ressources naturelles, ainsi que l’amélioration de l’efficacité productive et l’augmentation de la valeur ajoutée.
Contrats pétroliers
Dans le secteur pétrolier, le mois de mars 2025 a marqué une étape notable avec l’entrée du marché nigérian parmi les destinations des exportations algériennes pour la première fois depuis trois ans, avec des expéditions atteignant environ 1,38 million de barils, soit une moyenne quotidienne d’environ 44 000 barils.
Les volumes se répartissaient entre 1,0234 million de barils de pétrole brut et 354 200 barils de naphta.
Cette initiative revêt également une importance particulière compte tenu du statut du Nigeria, deuxième pays africain en termes de réserves pétrolières, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’intégration énergétique sur le continent.
En juillet 2025, l’Algérie a signé cinq nouveaux contrats de développement couvrant des réserves estimées à environ 560 millions de barils de pétrole brut, portant sur cinq blocs d’exploration, avec la participation de huit entreprises internationales et des investissements dépassant 606 millions de dollars, repositionnant l’Algérie au premier plan de l’investissement pétrolier mondial.
Contrats gaziers
Dans le secteur gazier, l’Algérie s’est distinguée en signant le plus grand contrat énergétique de son histoire avec l’Arabie Saoudite, via un accord de partage de production entre la société algérienne Sonatrach et la société saoudienne Medad Energy, pour l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures dans le périmètre contractuel « Illizi Sud ».
L’accord a été signé en présence du ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, et de l’ambassadeur d’Arabie Saoudite en Algérie, ainsi que des responsables des deux entreprises.
La valeur du contrat est estimée à environ 5,4 milliards de dollars, avec des prévisions de production pouvant atteindre près d’un milliard de barils équivalent pétrole sur une période contractuelle pouvant aller jusqu’à 40 ans.
Dans le même contexte, Sonelgaz a signé des protocoles d’accord avec General Electric Vernova pour développer localement l’industrie des turbines à gaz et des équipements de centrales électriques à haute tension, avec une partie de la production destinée à l’exportation vers le Moyen-Orient, dans une démarche à la fois industrielle et commerciale.
Capacités de production d’électricité
Sur le plan électrique, l’Algérie a inauguré en 2025 une importante centrale électrique dans la wilaya d’Oran, d’une capacité de 464 MW, mise en service par le ministre des Hydrocarbures et des Mines.
Située dans la daïra de Boutlelis, la centrale vise à répondre à la demande croissante dans l’ouest du pays, à renforcer la stabilité du réseau électrique et à soutenir les activités industrielles et agricoles.
En février 2025, un accord préliminaire a été conclu avec l’Allemagne pour l’introduction des technologies de piles à combustible dans la production d’électricité, après des discussions avec l’entreprise allemande Bosch, incluant le développement d’électrolyseurs à haute efficacité et le renforcement de la coopération dans les domaines de l’hydrogène vert et de l’énergie propre, contribuant à diversifier le mix électrique et à réduire les émissions.
Progrès significatifs dans les énergies renouvelables
Dans le domaine des énergies renouvelables, le projet de la centrale de Hassi Delaa dans la wilaya de Laghouat occupe la première place parmi les plus grands contrats, avec une capacité de production de 362 MW, dans le cadre d’un programme gouvernemental visant à ajouter 1000 MW d’électricité propre.
Le projet est exécuté par la société turque Ozgun, avec une mise en service prévue pour fin 2025 ou début 2026.
En avril 2025, le ministère de l’Énergie a également signé un accord pour le développement de l’industrie des batteries au lithium, en collaboration avec des expertises internationales et des complexes de recherche nationaux, ouvrant de nouvelles perspectives pour le stockage local d’électricité et le soutien à la stabilité du réseau.
L’hydrogène, pari du futur
L’Algérie a franchi une étape stratégique dans le domaine de l’hydrogène en signant un protocole d’accord pour le projet « SoutH2 Corridor » (Couloir Hydrogène Sud), visant à réaliser des études de faisabilité communes pour le transport de l’hydrogène vert vers l’Europe.
Le protocole a été signé lors du NAPEC 2024 à Oran, en présence du ministre des Hydrocarbures et des Mines.
Le projet vise à relier l’Algérie à l’Allemagne via l’Italie et l’Autriche, en s’appuyant sur les infrastructures existantes, avec la participation de grandes entreprises européennes.
Investissements et partenariats renforçant la sécurité énergétique
Selon le rapport de l’Unité de Recherche Énergie 2025, l’Algérie mise sur une augmentation de la production de gaz à plus de 200 milliards de mètres cubes par an, avec une part significative destinée à l’exportation.
Le pays a également accordé des licences d’exploitation pour cinq sites sur six lors de la « Algeria Bid Round 2024 », avec des contrats de 30 ans et des investissements minimums de 936 millions de dollars, impliquant des entreprises internationales majeures telles que TotalEnergies, Eni, QatarEnergy et Sinopec.
Dans le bassin de Berkine, Sonatrach et Eni ont signé un contrat de partage de production d’une valeur de 1,35 milliard de dollars, tout en ouvrant pour la première fois la possibilité de prospection en mer via un accord avec l’américaine Chevron, en vue du lancement d’appels d’offres internationaux en 2026.