Barrot fustige la riposte algérienne fondée sur la réciprocité
Dans le bras de fer permanent entre l’Algérie et la France, les autorités françaises ont critiqué le communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères, qui a confirmé l’application stricte du principe de réciprocité concernant les détenteurs de passeports diplomatiques et de service.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a qualifié ce mercredi les décisions algériennes d’« arbitraires et profondément regrettables », en particulier celles visant les détenteurs de passeports diplomatiques.
Barrot a exprimé son mécontentement face aux décisions algériennes, estimant qu’elles remettent en question les accords régissant les relations entre la France et l’Algérie, notamment l’accord de 2013.
Il a qualifié ces décisions de soudaines, les inscrivant dans la continuité de précédentes mesures jugées également dures et injustifiées, comme l’expulsion de 12 agents français en mission en Algérie.
Le ministre français a également accusé l’Algérie d’avoir rompu le dialogue récemment relancé entre les deux pays, accentuant ainsi les tensions.
Pour rappel, la France a annoncé il y a quelques jours la suppression de l’exemption de visa dont bénéficiaient les détenteurs de passeports diplomatiques et de service algériens, les obligeant désormais à obtenir un visa préalable pour entrer sur le territoire français.
Cette décision est entrée en vigueur le 17 mai courant, accompagnée d’instructions strictes aux points frontaliers pour refuser l’entrée à tout Algérien détenteur d’un passeport diplomatique ou de service sans visa valide, et appliquer, si nécessaire, des mesures de refus et de reconduite forcée.
En réponse à cette escalade, l’Algérie a tenu la France pour pleinement responsable de la violation de l’accord de 2013 relatif à l’exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de mission, dans un communiqué officiel du ministère des Affaires étrangères.
L’Algérie a rejeté catégoriquement les accusations françaises selon lesquelles elle aurait été la première à violer ses engagements au titre de l’accord de 2013, qualifiant ces allégations d’infondées et dénuées de tout fondement factuel.
Elle a également précisé qu’elle n’a jamais été à l’origine ni n’a jamais demandé une exemption de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques ou de mission, affirmant que la proposition provenait uniquement de la France.
L’Algérie considère que cette mesure constitue une suspension de fait de l’accord de 2013 par la partie française, sans que celle-ci n’ait respecté les procédures juridiques prévues à cet effet.
Enfin, l’Algérie a affirmé qu’elle répondra à cette décision par une application stricte et rigoureuse du principe de réciprocité, proportionnelle au manquement de la France à ses engagements.