Barrage de Taksebt : l'eau monte, la sécurité s'améliore

Barrage de Taksebt : l’eau monte, la sécurité s’améliore

La Direction des ressources en eau de la wilaya de Tizi Ouzou a révélé une augmentation significative du niveau des eaux du barrage de Taksebt, estimée à environ 35 000 m³, grâce aux précipitations récentes enregistrées dans la région au cours des derniers jours.

Le barrage de Taksebt constitue une infrastructure vitale et stratégique pour les habitants de Tizi Ouzou, puisqu’il représente la principale source d’approvisionnement en eau potable. Il contribue également à l’alimentation de plusieurs wilayas voisines, telles que Boumerdès et Alger, faisant de toute amélioration de son niveau un facteur clé pour renforcer la sécurité hydrique dans la région.

Dans ce cadre, les autorités publiques poursuivent la mise en œuvre d’une série de mesures visant à améliorer l’exploitation des ressources en eau, notamment l’utilisation stratégique de l’oued Sebaou, en détournant des quantités importantes de ses eaux, auparavant déversées directement dans la mer sans utilisation effective.

Cette opération a été lancée depuis un certain temps, dans le cadre d’une approche visant à valoriser les ressources naturelles disponibles et à réduire le gaspillage d’eau.

Récemment, la mise en service d’un réservoir d’eau d’une capacité de 3 000 m³ dans le village de Boukhalfa a également été effectuée. Ce projet contribuera à améliorer l’approvisionnement en eau potable des habitants de la commune de Tizi Ouzou et à atténuer les fluctuations dans la distribution, notamment durant les périodes de forte demande.

La situation hydrique au niveau national

Cette amélioration locale intervient alors que l’Algérie a enregistré récemment des précipitations importantes, sous forme de pluie et de neige, dans plusieurs wilayas, ravivant l’espoir d’un renforcement de la situation hydrique nationale après plusieurs mois d’inquiétude liés à la baisse des niveaux des barrages.

Selon des données officielles jusqu’au début décembre 2025, le taux de remplissage des barrages à l’échelle nationale se situe entre 33 % et 35 %. Il s’agit d’une amélioration relative par rapport aux périodes précédentes, mais qui reste en deçà des niveaux nécessaires pour garantir une sécurité hydrique confortable, surtout à l’approche de la saison sèche.

Disparités régionales

Les chiffres montrent des disparités marquées entre les différentes régions du pays. Le taux de remplissage global a atteint environ 40,85 % après les récentes précipitations, mais cette amélioration n’a pas été homogène.

À l’est, les barrages ont bénéficié de pluies importantes, portant le taux de remplissage de certaines infrastructures à environ 66 %, et certains barrages ont atteint leur capacité maximale, comme le barrage de Beni Haroun (Mila) et le barrage de Tablout (Jijel), avec des niveaux confortables également dans les barrages des wilayas de Constantine et Skikda.

En revanche, la situation reste plus prudente dans le centre du pays, avec des taux de remplissage variant entre 25 % et 30 % dans plusieurs grands barrages desservant des wilayas comme Chlef et Alger, malgré une légère amélioration récente.

Dans l’ouest, les taux restent relativement faibles, oscillant entre 20 % et 30 % dans les barrages des wilayas d’Oran, Mostaganem et Sidi Bel Abbès, faisant de cette région l’une des plus touchées par la rareté des ressources en eau.

Défis structurels et perspectives

Malgré les indicateurs positifs apportés par les récentes précipitations, l’Algérie fait toujours face à des défis structurels dans la gestion des ressources en eau, en raison des changements climatiques et de la baisse des précipitations au cours des dernières années, impactant directement les eaux de surface et souterraines.

Dans ce contexte, le directeur des études au ministère de l’Hydraulique, Abdelaziz Largoum, a indiqué en novembre dernier que le taux de remplissage des barrages nationaux avait diminué de 3 % par rapport à la même période l’an passé, précisant que cette baisse se poursuit depuis 2019 en raison de la rareté des précipitations et des changements climatiques.

Le responsable a confirmé que le ministère prépare des études pour la construction de nouveaux barrages, avec 34 sites identifiés pouvant stocker jusqu’à un milliard de mètres cubes, en plus de plus de 600 petites retenues et barrages, dans le cadre d’un plan à long terme visant à renforcer la sécurité hydrique nationale d’ici 2030.

En attendant la réalisation de ces projets, les efforts de rationalisation de la consommation, d’amélioration de la gestion des ressources en eau, ainsi que l’expansion des projets de dessalement et de réutilisation de l’eau restent des enjeux majeurs pour assurer un équilibre hydrique durable en Algérie.

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