Armement russe : l'Algérie sous pression américaine, sans sanctions immédiates

Armement russe : l’Algérie sous pression américaine, sans sanctions immédiates

Washington a exprimé son mécontentement à la suite du récent contrat d’armement conclu entre l’Algérie et la Russie, sans toutefois confirmer officiellement son intention d’imposer des sanctions à Alger.

Le chef du Bureau des affaires du Moyen-Orient au département d’État américain, Robert Palladino, a affirmé que les États-Unis travaillent en étroite coordination avec le gouvernement algérien sur les dossiers faisant l’objet d’un consensus, tout en reconnaissant l’existence de divergences sur certaines questions, notamment celle des achats d’armes.

Le responsable américain a indiqué que l’administration pourrait envisager des sanctions à l’encontre de l’Algérie après l’acquisition, l’an dernier, de chasseurs russes, conformément à l’application de la loi américaine de lutte contre les adversaires de l’Amérique, connue sous l’acronyme CAATSA.

S’exprimant lors d’une audition devant la commission des relations étrangères du Sénat américain, Palladino a précisé que des accords de ce type pourraient conduire à une telle décision, soulignant que l’administration suivait le dossier de près.

Il a ajouté être disposé à examiner la question plus en détail avec les sénateurs lors d’une séance à huis clos, à l’écart des médias.

Le responsable américain a également affirmé que Washington cherchait à influencer les autorités algériennes afin d’empêcher toute coopération avec la Russie, estimant nécessaire de s’opposer activement à toute collaboration avec des adversaires stratégiques, qu’il s’agisse de la Russie ou de la Chine.

Ces déclarations interviennent après l’acquisition par l’Algérie, en février 2025, de chasseurs russes de cinquième génération Su-57E, faisant d’elle le premier pays étranger à obtenir cet appareil de pointe, capable d’emporter des missiles à longue portée tels que les PV-R, Kh-59MK2 et Kh-58UShKE.

Selon des rapports internationaux, l’avion russe surpasserait le F-35 américain en matière de missiles à longue portée, renforçant ainsi la position du Su-57 sur le marché international.

Une menace sans passage à l’acte

Il s’agit de la troisième fois que des membres du Congrès américain appellent à l’imposition de sanctions contre l’Algérie à la suite d’accords avec la Russie. Des parlementaires avaient déjà adressé des lettres similaires à l’ancien secrétaire d’État Antony Blinken en septembre et octobre 2022.

L’ancienne ambassadrice des États-Unis en Algérie, Elizabeth Moore Aubin, a rappelé que le gouvernement américain repose sur trois branches indépendantes, chargées d’expliquer la législation américaine aux responsables algériens qui prennent des décisions souveraines.

Interrogée sur l’éventualité de sanctions liées aux relations avec la Russie, Moore Aubin s’est abstenue de répondre, qualifiant la question d’hypothétique.

Les États-Unis ne pourront pas sanctionner l’Algérie

Dans un rapport précédent, le magazine spécialisé OilPrice a estimé qu’il ne serait pas dans l’intérêt des États-Unis d’imposer des sanctions à l’Algérie, compte tenu de son rôle clé en tant que fournisseur majeur de gaz naturel — 85 % de ses exportations étant destinées à l’Europe —, de son indépendance en matière de politique étrangère et de ses relations équilibrées avec la Russie et la Chine.

L’auteur James Dorsey souligne que l’Algérie adopte une position critique vis-à-vis des politiques occidentales, notamment l’invasion américaine de l’Irak en 2003, l’intervention militaire en Libye et les relations avec le régime syrien.

Il ajoute que l’économie algérienne connaît une expansion continue, avec un produit intérieur brut atteignant 167,98 milliards de dollars en 2021, porté par une forte hausse des revenus gaziers et pétroliers. Les hydrocarbures représentent ainsi 95 % des ressources du pays et près de 40 % des recettes budgétaires.

À l’heure actuelle, l’Algérie maintient des relations équilibrées avec l’ensemble des grandes puissances, y compris les États-Unis, comme l’a confirmé récemment un haut conseiller de l’ancien président Donald Trump lors d’une visite en Algérie, au cours de laquelle il a rencontré le président Abdelmadjid Tebboune.

Le conseiller principal du président américain chargé de l’Afrique, des affaires arabes et du Moyen-Orient, Massad Boulos, a déclaré avoir eu avec le chef de l’État algérien un échange qu’il a qualifié de « riche et constructif », portant sur les relations de coopération entre les deux pays.

Il a ajouté avoir réaffirmé avec le président Tebboune l’engagement commun à approfondir la coopération, notamment en matière de consolidation de la paix et de traitement des préoccupations sécuritaires et régionales.

Massad Boulos a également mis en avant le potentiel considérable d’élargissement des relations commerciales entre l’Algérie et les États-Unis, s’appuyant sur les bases solides de la coopération économique bilatérale.

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