Après cinq mois de recul, les prix alimentaires mondiaux remontent
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a annoncé une hausse des prix alimentaires mondiaux au cours du mois de février 2026, mettant fin à une série de baisses qui avait duré cinq mois consécutifs. Cette évolution intervient dans un contexte de fluctuations des prix des principales denrées alimentaires sur les marchés internationaux.
Selon le dernier rapport de l’organisation, l’indice mondial des prix alimentaires de la FAO a atteint en moyenne 125,3 points en février, contre 124,2 points en janvier (après révision), enregistrant ainsi une légère augmentation mensuelle.
Malgré cette hausse, l’indice reste inférieur d’environ 1 % par rapport à la même période de l’année précédente, et demeure près de 22 % en dessous du niveau record atteint en mars 2022, après le déclenchement de la guerre en Ukraine, qui avait provoqué de fortes perturbations sur les marchés mondiaux de l’alimentation et de l’énergie.
Hausse des prix des céréales
Le rapport indique que les prix des céréales ont augmenté de 1,1 % par rapport au mois précédent, principalement en raison de la hausse des prix du blé (+1,8 %).
Cette augmentation s’explique par des inquiétudes liées aux conditions climatiques instables en Europe et aux États-Unis, ainsi que par la persistance de perturbations logistiques en Russie et dans la région de la mer Noire, deux des principales zones d’exportation de céréales dans le monde.
Malgré cette hausse mensuelle, les prix des céréales restent environ 3,5 % inférieurs à leur niveau d’il y a un an, ce qui reflète une amélioration relative de l’offre mondiale par rapport à la période de forte crise alimentaire qui avait suivi la guerre.
Les prix du riz ont également enregistré une légère hausse de 0,4 % en février, soutenue par une demande continue pour certaines variétés sur les marchés internationaux, notamment le riz basmati et le riz japonica.
Forte hausse des huiles végétales et de la viande
Parmi les produits alimentaires ayant enregistré les plus fortes hausses durant le mois, figurent les huiles végétales, dont l’indice des prix a augmenté de 3,3 %, atteignant ainsi son niveau le plus élevé depuis janvier 2022.
Cette progression s’explique principalement par la hausse des prix de l’huile de palme, due à une forte demande mondiale et à une baisse de la production dans les pays d’Asie du Sud-Est. Les prix de l’huile de soja ont également augmenté, en raison des attentes d’un soutien accru à la production de biocarburants aux États-Unis, ce qui renforce la demande pour ce type d’huile.
Les prix de la viande ont, quant à eux, progressé de 0,8 % par rapport à janvier. La FAO attribue cette hausse à l’atteinte de niveaux record pour la viande ovine, ainsi qu’à une demande croissante de viande bovine sur des marchés clés tels que les États-Unis et la Chine.
Baisse des prix des produits laitiers et du sucre
À l’inverse, les prix des produits laitiers ont poursuivi leur baisse, reculant de 1,2 % en février.
Cette diminution est principalement liée à la baisse des prix du fromage dans l’Union européenne, malgré l’augmentation des prix de certains autres produits comme la poudre de lait écrémé, la poudre de lait entier et le beurre, soutenue par une forte demande et des disponibilités limitées chez les principaux exportateurs.
Les prix du sucre ont enregistré la plus forte baisse parmi les denrées alimentaires, avec un recul de 4,1 %, atteignant leur niveau le plus bas depuis octobre 2020. Cette baisse est liée aux prévisions d’une offre mondiale abondante, notamment grâce à une production record aux États-Unis.
Prévisions record pour la production mondiale de céréales
Dans un rapport distinct, la FAO a légèrement relevé ses prévisions de production mondiale de céréales pour 2025, qui devraient atteindre un niveau record d’environ 3,029 milliards de tonnes. Cette révision s’explique par des ajustements à la hausse des estimations de production de maïs et de riz.
Ce volume représenterait une augmentation annuelle d’environ 5,6 % par rapport à l’année précédente, reflétant une amélioration de la production mondiale malgré les défis climatiques et économiques.
L’organisation prévoit également une hausse des stocks mondiaux de céréales d’ici la fin de la saison 2026, avec un ratio stocks/consommation estimé à 31,9 %, un niveau que la FAO considère relativement confortable pour garantir la stabilité de l’approvisionnement alimentaire mondial.