Annulation d'un film en Algérie : un réalisateur dénonce la censure administrative et le manque de transparence Culture

Annulation d’un film en Algérie : un réalisateur dénonce la censure administrative et le manque de transparence

Le réalisateur algérien Malek Bensmaïl a dénoncé l’annulation, sans explication claire, de la première de son film « L’Arabe » en Algérie, prévue au Festival du film méditerranéen d’Annaba.

Le réalisateur algérien Malek Bensmaïl a annoncé, dans un communiqué daté du 19 avril, l’annulation de la première de son film « L’Arabe » en Algérie, qui était programmée dans le cadre du Festival du film méditerranéen d’Annaba.

Malek Bensmaïl a souligné que cette annulation a été décidée sans explication claire ni transparence.

Il a précisé que le film « L’Arabe », produit avec des fonds publics, bénéficie pourtant d’une reconnaissance dans de nombreux festivals et salles de projection à travers le monde, notamment aux Pays-Bas, en Russie, aux États-Unis, en Australie, en Belgique, en Croatie et en Italie.

Le réalisateur a exprimé son profond regret face à cette situation, qu’il a comparée à une forme de censure administrative opaque et paternaliste, « qui nie à la fois le travail des cinéastes algériens et le droit du public algérien à voir et à critiquer ses propres œuvres ».

Il a ajouté : « Comment peut-on accepter qu’un film réunissant l’actrice palestinienne Hiam Abbas, Ahmed Ben Aïssa dans sa dernière apparition à l’écran, ainsi que Nabil Asli, Dalì Bensalah et Ibrahim Idriss, soit retiré de la programmation pour une histoire floue liée à l’absence d’une autorisation d’exploitation ? »

Le cinéaste a également dénoncé la contradiction entre les discours appelant à la relance du cinéma algérien et les pratiques qui, selon lui, « étouffent des films pour des raisons non assumées ni rendues publiques ».

Il a poursuivi : « Il est temps que cette incohérence cesse. Un pays qui prétend défendre sa création ne peut pas continuer à la maintenir dans le silence, l’arbitraire et l’humiliation. Derrière chaque visa refusé, ce n’est pas seulement un film qui est interdit, mais des années de travail, d’espoir et de confiance trahies, et un public encore privé de son cinéma. »

Le cinéma entre réalité et discours politique

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait auparavant dressé un état des lieux du cinéma en Algérie, évoquant notamment les difficultés liées à l’« égoïsme » de certains cinéastes.

Il avait également mis en avant les blocages du projet de film sur l’émir Abdelkader, attribués à des désaccords entre professionnels du secteur.

Le président Tebboune avait ordonné la création d’un organisme national chargé de superviser l’activité cinématographique dans le pays.

Il a également appelé à encourager tous les talents et énergies cinématographiques en Algérie, ainsi qu’à mobiliser les compétences de la diaspora algérienne en leur offrant la possibilité de contribuer à la production audiovisuelle.

Enfin, il a préconisé un engagement de l’État dans le financement des projets cinématographiques à hauteur de 70 % via des prêts bancaires, et a demandé de faciliter l’investissement dans les infrastructures de tournage, notamment les studios et les cités cinématographiques.

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