Allocation touristique : les nouvelles modalités d’utilisation
Le Conseil des ministres, présidé dimanche par le président Abdelmadjid Tebboune, a décidé d’accorder provisoirement l’allocation touristique via une carte bancaire, après avoir constaté ce qu’il a qualifié de « graves dépassements » ayant entraîné un important gaspillage de devises, sans que les véritables bénéficiaires n’en profitent.
Selon le Conseil des ministres, cette mesure vise à mettre fin aux pratiques illégales de certains intermédiaires et agences de voyages qui détournaient l’allocation touristique. L’objectif est de garantir que cette aide parvienne directement à ses bénéficiaires légitimes et de renforcer la transparence de sa gestion.
Cette décision a suscité des interrogations chez de nombreux citoyens, notamment ceux qui prévoient de voyager prochainement, alors que peu de détails officiels ont été communiqués sur les modalités d’application.
De son côté, Maher Houmour, président de l’Organisation algérienne du tourisme et coordinateur général de l’Union algérienne des agences de voyages et de tourisme, a apporté des explications sur ce dispositif provisoire.
Dans une publication sur sa page Facebook, il a indiqué que cette décision vise à lutter contre la corruption et la spéculation, ainsi qu’à empêcher les intermédiaires d’utiliser les passeports des citoyens pour retirer des euros auprès des banques afin de les revendre sur le marché parallèle .
Il a également expliqué que cette réforme a pour objectif de protéger les réserves de change et de garantir que les devises de l’État soient utilisées exclusivement par les véritables voyageurs pour couvrir leurs dépenses à l’étranger.
Comment fonctionnera le nouveau système ?
Le voyageur devra se rendre à la banque (et ultérieurement à Algérie Poste). Au lieu de recevoir les 750 euros en espèces, le montant de l’allocation sera crédité sur une carte bancaire internationale, de type Visa ou Mastercard.
Cette carte permettra :
de régler directement les dépenses à l’étranger (hôtels, commerces, restaurants) ;
d’effectuer des retraits aux distributeurs automatiques, uniquement dans la monnaie du pays visité (par exemple des dinars tunisiens en Tunisie, et non des euros).
En revanche, le nouveau dispositif interdit :
le retrait de l’allocation en euros en espèces sur le territoire national ;
le retrait d’euros aux distributeurs automatiques dans les pays qui n’utilisent pas l’euro comme monnaie officielle, tels que la Tunisie ou la Turquie ;
la conversion légale des dinars tunisiens retirés en Tunisie en euros auprès des bureaux de change pour les ramener ensuite en Algérie.
Enfin, le solde non utilisé ne pourra pas être récupéré en euros à son retour en Algérie. Il restera disponible sur le compte pour un prochain voyage ou sera remboursé en dinars algériens selon le taux de change officiel.
Selon Maher Houmour, l’État a ainsi numérisé l’allocation touristique, qui devient désormais un crédit électronique destiné exclusivement aux dépenses réelles de voyage à l’étranger, et non plus un moyen d’obtenir des euros en espèces destinés au marché parallèle.