Ali Ghediri quitte la prison

Ali Ghediri quitte la prison

Le général à la retraite et ancien candidat à la présidentielle, Ali Ghediri, a quitté ce jeudi la prison de Koléa, après avoir purgé une peine de six ans d’emprisonnement, suite à des déclarations médiatiques considérées comme une « atteinte au moral de l’armée en temps de paix dans le but de nuire à la défense nationale ».

L’avocate Nabila Selimi, membre de son collectif de défense, a affirmé dans une vidéo publiée sur Facebook que son client « a affronté les années de prison avec courage et fermeté », ajoutant que sa libération « marque la fin d’une étape judiciaire complexe ».

Ali Ghediri avait été arrêté en juin 2019, au cœur du Hirak populaire ayant conduit à la chute du président Abdelaziz Bouteflika, après avoir accordé une interview au journal francophone El Watan, dans laquelle il appelait l’institution militaire à assumer ses responsabilités pour garantir le processus constitutionnel et éviter une prolongation du mandat de Bouteflika. Des propos alors considérés par les autorités comme une atteinte à l’armée.

Un parcours politique complexe

Ali Ghediri, qui a longtemps servi dans les rangs de l’Armée nationale populaire, est connu pour avoir été l’un des premiers militaires à entrer dans l’arène politique, en se portant candidat à l’élection présidentielle d’avril 2019, finalement annulée en raison du mouvement populaire.

Ses déclarations avaient constitué le fondement des lourdes accusations portées contre lui, bien qu’il ait toujours affirmé que ses prises de position étaient « guidées par un sens du devoir national » et par la volonté d’éviter une dérive du pays.

Des jugements contradictoires

L’affaire judiciaire d’Ali Ghediri a connu de nombreux rebondissements : en janvier 2022, la cour criminelle d’appel d’Alger l’avait condamné à quatre ans de prison, avant que la Cour suprême n’annule le verdict en octobre de la même année, en raison d’irrégularités procédurales, notamment l’inadéquation du grade du juge avec les exigences du Code de procédure pénale.

Il a alors été rejugé en mai 2023, et condamné cette fois à six ans de prison ferme, avec confiscation de ses biens et interdiction d’exercer ses droits politiques et civiques pendant dix ans.

En mars 2025, la Cour suprême a rejeté le pourvoi en cassation de la défense, rendant ainsi le jugement définitif et insusceptible de recours, mettant fin à une affaire qui a suscité un vif débat judiciaire et politique.

Un retour sur la scène politique ?

Aucune déclaration n’a été faite par Ali Ghediri depuis sa libération, mais de nombreux observateurs s’interrogent sur un éventuel retour sur la scène politique, ou s’il choisira plutôt de se retirer après une épreuve judiciaire de six années qui a profondément marqué son parcours public.

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