Algérie : un député alerte sur la commercialisation « anarchique » des dattes
Le ministère du Commerce a lancé une opération de vérification des résultats du recensement économique relatif à la production nationale. Selon le ministre Tayeb Zitouni, cette phase vise à garantir la fiabilité des données afin de disposer d’indicateurs précis pour orienter la politique économique et identifier les secteurs nécessitant un renforcement de l’investissement.
La filière dattière, un produit stratégique négligé
Dans ce contexte, le député Imed-Eddine Briyala (FLN) a profité de cette initiative pour alerter sur la situation des dattes algériennes, en particulier la variété emblématique Deglet Nour, reconnue parmi les meilleures au monde.
Selon lui, malgré la qualité et la diversité de la production nationale, la filière reste en marge des priorités du ministère du Commerce. Dans une correspondance adressée au ministre, il dénonce la persistance de marchés parallèles et de circuits de distribution non encadrés, qui fragilisent ce produit stratégique.
En 2023, les exportations algériennes de dattes ont atteint 75 000 tonnes, pour une valeur estimée à 80 millions de dollars. Le vice-président de l’Association nationale des exportateurs, Ali Bey Nasri, prévoit que ces revenus pourraient grimper à 300 voire 400 millions de dollars d’ici 2025 si des mesures adéquates sont prises.
Un appel urgent à l’investissement
Député de la wilaya d’El M’Ghair, région réputée pour sa production de dattes, Briyala a adressé une requête urgente au ministre pour inclure ce secteur parmi les domaines nécessitant des investissements prioritaires.
Il insiste sur le fait que la filière constitue une source de revenus vitale pour de nombreuses familles rurales, mais que son potentiel reste limité par l’absence de régulation des ventes, tant sur le marché local qu’à l’exportation. Certaines destinations d’export sont même qualifiées de « douteuses » par le parlementaire.
Un enjeu économique et social majeur
Selon Briyala, un plan d’investissement et de régulation permettrait de :
- Protéger et valoriser la production nationale
- Ouvrir de nouvelles perspectives de commercialisation organisée, en Algérie comme à l’étranger
- Garantir des revenus stables et équitables aux agriculteurs
- Accroître la compétitivité de l’économie algérienne à l’échelle régionale et internationale
Le député conclut que l’avenir de la filière dattière dépend d’une volonté politique forte, capable de transformer un atout agricole reconnu en un véritable levier de développement économique.