Affaire Houris : Kamel Daoud condamné à trois ans de prison ferme
Le tribunal de Flawsen à Oran a rendu un jugement par contumace condamnant l’écrivain algérien, naturalisé français, Kamel Daoud, à trois ans de prison ferme ainsi qu’à une amende de 500 millions de centimes. Cette décision fait suite à la plainte déposée par Saâdia Arabane, qui l’accuse d’avoir exploité l’histoire de sa vie, en tant que victime du terrorisme, dans son roman « Houris ».
Kamel Daoud a indiqué, dans un message publié sur la plateforme « X », avoir été informé du jugement prononcé à son encontre, précisant que la peine comprend trois ans de prison et une amende financière, et estimant que cette décision s’inscrit dans le cadre de l’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.
Cette affaire a ravivé la polémique déjà soulevée l’année dernière, notamment après l’attribution du prix Goncourt 2024 en France au roman « Houris », l’une des plus prestigieuses distinctions littéraires du monde francophone.
Le roman traite de la période de la guerre civile en Algérie entre 1992 et 2002, connue sous le nom de « décennie noire », une phase considérée comme l’une des plus sensibles de l’histoire contemporaine du pays.
Saâdia Arabane accuse l’écrivain de s’être inspiré de son histoire réelle et de l’avoir utilisée comme base pour les événements du roman. Elle reproche également à son épouse, psychologue, une violation du secret professionnel, affirmant être suivie par elle en thérapie depuis environ dix ans.
Elle affirme avoir reconnu des éléments de sa propre expérience dans le roman, estimant que le personnage de la fillette « Oub », rescapée d’une tentative d’égorgement par des terroristes durant la décennie noire, correspond à son histoire réelle.
Concernant la procédure, Saâdia Arabane a déposé une plainte pour diffamation et exploitation de son histoire sans consentement, affirmant qu’elle n’a jamais donné d’autorisation pour l’utilisation de son vécu personnel dans une œuvre littéraire.
Le roman « Houris », publié par la maison d’édition française Gallimard, a été récompensé par le prix Goncourt en octobre 2024, avant de devenir au centre d’une vaste controverse, après le dépôt de quatre plaintes contre son auteur, deux en Algérie et deux en France.
Il est à noter que l’histoire du roman suit le personnage d’« Oub », une fillette de six ans ayant survécu à une attaque terroriste qui lui a laissé une longue cicatrice au cou et l’a rendue incapable de parler, une histoire qui rappelle les tragédies de la décennie noire.