Accord aérien Algérie–Émirats : quelles conséquences après la décision d'Alger ?

Accord aérien Algérie–Émirats : quelles conséquences après la décision d’Alger ?

L’Algérie a décidé d’engager les procédures nécessaires à l’annulation de l’accord relatif aux services aériens conclu entre la République algérienne démocratique et populaire et les Émirats arabes unis.

Il s’agit de l’accord signé à Abou Dhabi le 13 mai 2013 et ratifié par décret présidentiel le 30 décembre 2014.

L’Algérie fonde cette démarche sur l’article 22 de l’accord, qui prévoit la possibilité de résiliation, à condition d’en informer la partie contractante par voie diplomatique, tout en notifiant le secrétaire général de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), conformément aux procédures internationales en vigueur.

Que signifie cette décision ?

Le président de l’Organisation algérienne du tourisme et coordinateur général de la Fédération algérienne des agences de voyages et de tourisme, Maher Hammour, a expliqué que cet accord concerne notamment Air Algérie, Emirates Airlines et Etihad Airways.

Cela inclut les vols reliant l’Algérie à Dubaï et Abou Dhabi, ainsi que les liaisons passant par Dubaï vers la Chine, la Malaisie, le Vietnam, Singapour, la Thaïlande, la Russie, l’Azerbaïdjan, ou encore vers les États-Unis, le Canada et certains autres pays desservis directement par Air Algérie ou dans le cadre d’accords de coopération entre compagnies aériennes.

Dans une longue vidéo publiée sur sa page Facebook officielle, l’intervenant a souligné que les services aériens entre l’Algérie et les Émirats (Abou Dhabi ou Dubaï) seraient affectés, que ce soit via Air Algérie, Emirates ou Etihad Airways.

Il a également indiqué que les Émirats seraient touchés par cette mesure, compte tenu de l’importance de leur marché en Algérie, notamment pour les vols vers l’Asie de l’Est, l’Amérique latine, l’Amérique du Nord et centrale, ainsi que certains pays africains.

Maher Hammour estime par ailleurs que les vols pourraient, à l’avenir, devenir indirects, les passagers étant amenés à transiter par d’autres compagnies aériennes pour se rendre aux Émirats.

Le président de l’Organisation algérienne du tourisme a enfin affirmé que l’annulation de cet accord entraînerait inévitablement la suppression des vols concernés.

Un différend appelé à s’exposer publiquement ?

La décision de l’Algérie intervient après la poursuite de ce que des médias officiels et non officiels ont qualifié de provocations émiraties.

Lors de sa rencontre médiatique périodique samedi, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a évoqué une « petite entité » tentant d’interférer dans les affaires de l’Algérie et menaçant de l’appauvrir en recourant à l’arbitrage international.

Sans mentionner explicitement Abou Dhabi, certains observateurs estiment que ces propos y faisaient référence.

Jusqu’à présent, l’Algérie n’avait pas pris de mesures concrètes ni procédé à une escalade face à ces tensions, ce qui soulève désormais des interrogations quant à une possible évolution des relations algéro-émiraties.

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